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La France respecte-t-elle ses adoptés à l'international ? A en juger par l'histoire de Céline, la réponse
est un grand NON ! Céline est née au Pérou il y a vingt-quatre ans. Lorsque, avec l'aide de son fiancé péruvien
et de la famille de celui-ci, elle entama des recherches pour retrouver ses origines, ce fut pour découvrir qu'elle n'avait pas été abandonnée
mais victime d'un odieux trafic d'enfant. Pire, la "bonne oeuvre" qui s'était chargée de son adoption n'avait pas jugé bon
d'en informer qui que ce soit.
Céline a retrouvé sa famille péruvienne. Aujourd'hui, elle est décidée
à témoigner et à se battre pour que ces sombres affaires ne se reproduisent plus. A-t-elle un peu trop
témoigné ? La France n'aime pas les vagues... médiatiques...
A l'occasion de son mariage, Céline a souhaité réunir ses deux familles
et bien sur, inviter ses beaux-parents. Tous les documents et garanties indispensables ont été fournis, ses proches
ont patienté une journée entière aux portes du Consulat, pour se voir opposer, sèchement, un refus non-motivé de visa
pour la France.
La solidarité des nés sous X, adoptés, abandonnés mais aussi parents
de naissance et parents adoptants s'est mise en route. Nos sites se sont fait l'écho de ces difficultés, nos adhérents
et visiteurs ont protesté en masse, par courriels,
au point de bloquer les messageries de l'ambassade. Il nous semblait en effet qu'une injustice aussi flagrante, un
parcours aussi poignant méritaient considération, réparation, humanité. Nous avons interpellé tous les
services possibles et écrit à Michel Barnier, ministre des Affaires Etrangères, en vain. Céline
s'est mariée le 30 Octobre 2004, loin des siens.
Nous sommes écoeurés.
Ah ! Quand il s'agit de contenter le lobby adoptif, le gouvernement
Raffarin n'hésite pas à affirmer vouloir "doubler le nombre des adoptions". Ses ministres écument les pays
d'origine, négocient accords et traités, sans trop se soucier du reste, des conditions de recueil, des pratiques,
des dérives, du respect des droits de l'Enfant ou tout simplement des Droits de l'Homme. La Chine en est un
triste exemple.
Les adoptés eux ont apparemment le droit de se taire. D'ailleurs, on ne les consulte pas.
Eternels mineurs, les décisions, lois et décrets en matière d'adoption internationale s'élaborent sans eux. Quant au respect des parents de naissance et du pays d'origine...
qu'ils se bornent à fournir cette denrée rare : l'enfant de moins de deux ans en bonne santé et se fassent
oublier. Nous n'en dirons pas plus et concluerons sur une seule épithète: lamentable... |