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L'accouchement sous X n'est pas né sous Vichy, contrairement à ce que l'on affirme parfois péremptoirement. Ce régime l'a simplement organisé et facilité. Officiellement, il s'agissait d'éviter infanticides et expositions. Officieusement, les mauvaises langues que nous sommes se permettent d'ajouter qu'en temps de guerre et en l'absence de nombreux maris et fiancés, la volatilisation opportune d'enfants imprévus arrangeait bien des familles. Des "tours" de triste mémoire, ces bâtiments placés à l'entrée d'un couvent ou d'un hospice où l'on pouvait laisser l'enfant en toute discrétion à "l'abandon à bureau ouvert" pratiqué au début du vingtième siècle - on y déposait le nourrisson après avoir répondu à quelques questions facultatives : l'abandon anonyme est une pratique ancienne; l'esclavage et le travail des enfants aussi... En 1993, nos législateurs ont pourtant éprouvé le besoin de renforcer symboliquement cette pratique, en l'inscrivant dans le Code Civil. On se demande bien pourquoi. En 1996, M. Jean-François Mattéi, notre actuel ministre de la santé, concédait aux adoptés en quête de leur histoire le recueil de renseignements "ne portant pas atteinte au secret". On y tient donc, à ce fameux secret et en haut lieu. La résistance, d'abord sporadique, a commencé à s'organiser, notamment sous l'égide de Pierre Verdier, auteur, professionnel de l'Aide Sociale à l'Enfance et président de la CADCO - Coordination des Actions pour le Droit à la Connaissance de ses Origines -. Ces quelques année de lutte et l'appui des médias ont finalement donné lieu à une nouvelle réforme. Madame Ségolène Royal, ministre de la famille, s'est saisie du dossier et en 2000 propose un texte mi-figue, mi-raisin qui ne satisfait pas grand monde. Désormais, un Conseil National d'Accès aux Origines Personnelles - CNAOP - recherchera les familles de naissance et permettra les retrouvailles SI, il y a un SI, les parents de naissance le veulent bien. Autant dire que cette réformette laissera pas mal d'entre nous sur le carreau. Par ailleurs, l'accouchement anonyme, n'est pas supprimé. Les mères abandonnantes sont simplement "invitées" à laisser leur nom dans une enveloppe scellée. Madame Royal, cependant, peu avant de laisser son ministère, nous accorde un lot de consolation. Elle nomme à la présidence du CNAOP, Pierre Verdier. Du moins les nés sous X sont-ils alors persuadés que si leurs revendications n'ont pas été entendues, le CNAOP sera un organisme digne de confiance. Ils portent assez rarement dans leur cœur l'administration française, Las, l'espoir fut de courte durée. Christian Jacob, successeur de Ségolène, s'empresse d'annuler le décret sur un recours d'EFA - Enfance et Familles d'Adoption. Nos parents adoptifs ne souhaite donc pas faciliter l'accès aux origines de leurs rejetons ? Quant au nouveau CNAOP, le nom des personnalités qui le dirigent désormais (voir la rubrique News) en disent long sur les choix idéologiques du nouveau gouvernement. Pour des détails juridiques plus précis, des conseils dans vos propres recherches, nous vous suggérons de consulter notre GARF Nous vous livrons quant à nous notre explications des résistances farouches opposées à nos légitimes revendications dans les : vraies raisons du maintien de l'accouchement sous X et un essai de sociologie de l'accouchement sous X . |